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Ex Machina Toulon : Des cadenas en 2024 ?

Des cadenas en 2024 ?

Escape Game Var
Il fut un temps où ouvrir un cadenas était une récompense.

Aujourd'hui, il est parfois devenu le symbole d'une époque révolue.

Pourtant, avant de sourire devant une vieille salle remplie de cadenas, il est important de se souvenir d'une chose : sans ces premières salles, les escape games n'existeraient probablement pas.

Les pionniers

Lorsque les premiers escape games ont ouvert leurs portes en France, tout était à inventer.

Il n'existait pas de fournisseurs spécialisés, très peu de documentation, presque aucun retour d'expérience. Les créateurs construisaient leurs salles avec les moyens du bord, détournaient des objets du quotidien, fabriquaient eux-mêmes leurs énigmes et découvraient en même temps que leurs joueurs ce qui fonctionnait... et ce qui ne fonctionnait pas.

Les cadenas étaient partout.

Non pas parce qu'ils représentaient le sommet de la créativité, mais parce qu'ils étaient fiables, peu coûteux et permettaient de donner immédiatement une récompense visible aux joueurs.

À cette époque, cela suffisait largement.

Et il faut reconnaître une chose : beaucoup de ces pionniers ont créé des expériences mémorables avec des moyens extrêmement modestes.

Le véritable mérite

À mes yeux, le plus impressionnant n'est pourtant pas d'avoir ouvert un escape game en 2014. Le plus difficile a été d'accepter de tout remettre en question quelques années plus tard. Les joueurs sont devenus plus exigeants.

Ils ont découvert des centaines de salles, voyagé, comparé, partagé leurs expériences. Les attentes ont évolué. Les décors se sont enrichis, les histoires sont devenues plus ambitieuses, les mécanismes plus variés et le game design s'est considérablement affiné.

Certains créateurs ont compris très tôt que leur première salle ne serait pas leur dernière. Ils ont investi à nouveau, ils ont fermé des salles pourtant rentables pour en construire de meilleures.

Ils ont appris l'électronique, la menuiserie, la programmation, les effets spéciaux, la scénographie. Ils ont pris des risques pour continuer à surprendre leurs joueurs.

À mes yeux, ce sont eux qui ont véritablement fait grandir le médium.

Une évolution naturelle

Comme au cinéma, dans le jeu vidéo ou dans les parcs d'attractions, un escape game n'est pas destiné à rester identique pendant vingt ans.

Les techniques évoluent, les goûts évoluent, les joueurs évoluent. Il est donc parfaitement normal que certaines salles disparaissent au profit de nouvelles créations. Ce n'est pas un échec, c'est simplement le signe qu'un secteur est vivant.

Lorsqu'une salle ferme pour laisser place à une meilleure expérience, c'est souvent une excellente nouvelle pour les joueurs.

Le piège de la facilité

Il existe pourtant une situation plus délicate.

Certaines salles, conçues il y a de nombreuses années, continuent d'être exploitées presque sans évolution majeure. Elles restent rentables, non pas parce qu'elles représentent encore le meilleur de ce que peut offrir un escape game, mais parce que leur modèle économique est devenu extrêmement favorable.

Lorsqu'une enseigne est propriétaire de ses locaux et que les principaux investissements ont été amortis depuis longtemps, la tentation peut être grande de conserver une salle en l'état le plus longtemps possible.

Économiquement, cela se comprend. Créativement, c'est plus discutable.

Pendant ce temps, de nouveaux acteurs investissent des sommes considérables pour proposer des décors plus ambitieux, développer des mécanismes originaux, renouveler régulièrement leurs expériences et répondre à des attentes qui évoluent sans cesse.

Les contraintes ne sont plus les mêmes.

Continuer à étonner

Chez Ex Machina, nous ne pensons pas qu'une salle doive être remplacée parce qu'elle est ancienne.

Nous pensons qu'elle doit évoluer tant qu'elle continue à émerveiller les joueurs.

Le jour où une meilleure idée apparaît, où une nouvelle technologie permet de raconter une histoire autrement ou où une expérience plus riche devient possible, il nous semble naturel de repartir de zéro.

L'escape game est un art vivant. Et comme tous les arts vivants, il avance grâce à celles et ceux qui acceptent de reconstruire plutôt que de simplement conserver.

Les cadenas ont marqué une époque, ils méritent notre respect. Mais ils ne doivent jamais empêcher d'imaginer ce qui viendra ensuite.